Québec confirme qu'il n'y aura pas d'exploration d'hydrocarbures à Anticosti

28 juillet 2017

QUÉBEC _ Le gouvernement du Québec confirme vendredi qu’il soustrait définitivement le territoire de l’île d’Anticosti à l’exploration pétrolière et gazière.

Afin de pouvoir réaliser cet objectif, le gouvernement a pris la décision de négocier avec les entreprises concernées l’abandon des droits de recherche.

À ce jour, des ententes ont été conclues avec les compagnies Junex, Corridor et Maurel & Prom en contrepartie d’une compensation globale de 41,4 millions $. Les discussions se poursuivent avec les entreprises Pétrolia et Trans American.

Le gouvernement explique par voie de communiqué que sa décision permettra de protéger et de conserver le caractère naturel exceptionnel de l’île d’Anticosti et d’en assurer la pérennité pour tous les Québécois.

En janvier dernier, Québec avait appuyé la candidature de la municipalité d’Anticosti comme site du patrimoine mondial de l’UNESCO, reconnaissant au passage que l’obtention d’un tel titre ne cadrerait pas avec l’exploitation pétrolière.

En 2014, le gouvernement péquiste de Pauline Marois avait annoncé un investissement de 115 millions $ pour faire un premier pas vers l’exploitation pétrolière à l’île d’Anticosti en estimant le potentiel à quelque 46 milliards de barils. Cette annonce avait fait des mécontents, notamment chez les groupes écologistes.

À la Conférence sur les changements climatiques à Paris, en 2015, Philippe Couillard avait publiquement manifesté son opposition au projet, qu’il avait vigoureusement condamné. Il avait toutefois reconnu que le gouvernement était lié par des contrats et s’exposait

à des pénalités s’il ne respectait pas ses obligations dans les démarches des entreprises déjà en cours.

Peu après l’annonce du gouvernement Couillard, vendredi, le groupe Équiterre a manifesté sa satisfaction, jugeant que Québec a pris la bonne décision alors que les investissements dans le pétrole et les autres combustibles fossiles diminuent de plus en plus et que la planète se tourne vers les énergies renouvelables et les technologies propres.

«C’est avec un soupir de soulagement que nous avons appris cette nouvelle», a indiqué le directeur d’Équiterre, Steven Guilbeault.

«Anticoti est un joyau, un endroit digne de faire partie du patrimoine mondial de l’UNESCO. Permettre à des pétrolières d’aller y puiser des millions de litres d’eau, d’y creuser des milliers de puits de pétrole, d’y injecter des substances chimiques dans son sol aurait été une très grave erreur? Les risques dépassaient de beaucoup les bénéfices potentiels», a-t-il ajouté.