Deux avocats mexicains auraient été espionnés

2 aout 2017

MÉXICO _ Deux avocats mexicains qui enquêtaient sur un quintuple homicide ont été victimes d’une tentative très sophistiquée de cyber espionnage, selon un laboratoire interdisciplinaire installé à l’Université de Toronto.

Citizen Lab dit que Karla Micheel Salas et David PeIna ont été ciblés en 2015, quelques semaines après avoir remis en question le travail des procureurs qui ont enquêté sur les meurtres de la militante Nadia Vera, du journaliste Ruben Espinosa et de trois autres femmes. Toutes les victimes avaient été torturées avant d’être exécutées.

Les téléphones cellulaires des deux avocats ont reçu des messages destinés à les infecter avec le logiciel espion Pegasus. Citizen Lab avait précédemment déterminé que le même logiciel avait été envoyé à 19 autres individus ou groupes mexicains, y compris des journalistes qui enquêtent sur des affaires de corruption, des membres de l’opposition et des militants, et des experts internationaux qui ont mis en doute l’enquête du gouvernement sur la disparition de 43 étudiants en 2014.

Pegasus est offert par la firme israélienne NSO Group, qui assure le vendre uniquement à des gouvernements pour lutter contre la criminalité et le terrorisme. Pegasus fouille le contenu d’un téléphone, copie et transmet les données qu’il contient, et le transforme en dispositif d’espionnage illicite.

Citizen Lab estime que ces conditions ont clairement été violées au Mexique, même s’il ne dispose d’aucune preuve de l’implication du gouvernement mexicain.

Citizen Lab a déterminé que les liens envoyés à Mme Salas et M. PeIna pour infecter leur téléphone étaient liés à la même infrastructure que celle utilisée pour propager Pegasus dans les autres cas mexicains. Mme Salas, entre autres, a cliqué sur un de ces liens en pensant obtenir des informations sur les funérailles du père d’une amie.