Stratégie de transport pour le Nord de l’Ontario

3 aout 2017

Le gouvernement provincial a dévoilé le 12 juillet dernier une ébauche de stratégie pour orienter la politique des transports dans le Nord de l’Ontario au cours des 25 prochaines années.

Celle-ci énumère les objectifs du gouvernement pour le système de transport de la région et les mesures visant à relever les défis auxquels le Nord de l’Ontario est confronté dans les modes de transports routiers, ferroviaires, aériens et maritimes.

La stratégie consiste à s’appuyer sur le système de transport actuel et le renforcer afin « d’améliorer la qualité de vie, maintenir des liens vitaux, se préparer aux nouvelles technologies et aux impacts futurs des changements climatiques, de même que soutenir l’investissement et la croissance des entreprises dans le Nord de l’Ontario », selon un communiqué émis par la province.

Le document, « Ébauche de la stratégie de transport multimodal pour le Nord de l’Ontario 2041 », a été élaboré par le ministère des Transports et le ministère du Développement du Nord et des Mines. « Notre gouvernement s’est engagé à assurer un réseau de transport sûr et efficace dans toute la province, et surtout dans le Nord de l’Ontario », dit Steven Del Duca, ministre des Transports, par voie de communiqué.

« Nous savons qu’il y a des défis uniques auxquels sont confrontés les gens du Nord, qu’ils vivent à Kapuskasing, travaillent à Sault Ste. Marie ou fréquentent l’école à Thunder Bay. Je vous encourage à faire part de vos commentaires sur notre ébauche de stratégie et à nous aider à élaborer un plan visant à améliorer le système de transport pour aujourd’hui et demain dans le Nord de l’Ontario. »

Les gens et les entreprises intéressés ont jusqu’au 15 septembre prochain pour lire l’ébauche et transmettre leurs commentaires à l’adresse fr.nomts.ca.

Les défis et les solutions

Dans son ébauche, la province énumère cinq défis auxquels la région est confrontée en ce qui a trait aux modes de transport. Le premier est l’importance d’améliorer et de maintenir les liens entre les grands centres et vers les marchés mondiaux pour favoriser la qualité et le développement économique.

Les solutions proposées sont :

Établir un réseau de base de services de transport interurbain par autobus pour relier les principaux centres dans le Nord de l’Ontario;

Relier et améliorer les services de transport communautaires et faire en sorte que davantage de gens y aient accès;

Revigorer les services voyageurs s’il y a lieu;

Construire des sections à quatre voies dans le réseau routier transcanadien;

Augmenter la capacité des routes d’après la demande de transport;

Harmoniser les normes d’infrastructure et les niveaux de service d’entretien avec la présence accrue de véhicules commerciaux dans les corridors qui sont essentiels à la circulation actuelle et future des marchandises;

Établir un trajet privilégié pour les véhicules de dimensions ou de poids exceptionnels et faciliter les déplacements appropriés de ces véhicules;

Améliorer la qualité des routes hors du réseau routier provincial qui mènent aux collectivités des Premières Nations, s’il y a lieu;

Augmenter et améliorer les débouchés économiques des Autochtones et des entreprises autochtones dans les activités, les programmes et les projets de transport reliés au gouvernement;

Soutenir et améliorer le rôle que jouent les aéroports municipaux pour assurer la prestation de services publics importants, relier les gens et transporter les marchandises;

Élaborer une politique de l’aviation en Ontario pour soutenir cet élément important en évolution du réseau de transport, notamment les hélicoptères, les systèmes d’aéronef sans pilote et d’autres aéronefs potentiels;

Accroître l’accès du marché aux modes ferroviaire et maritime pour le transport des marchandises, s’il y a lieu;

Et soutenir l’amélioration des entreprises touristiques maritimes dans le Nord de l’Ontario.

Le deuxième défi touche l’essentialité de la fabilité et la sécurité des transports compte tenu des longues distances entre les collectivités, des populations éparses et des hivers longs et froids.

Les solutions proposées sont :

Améliorer l’information en temps réel à l’intention des usagers de la route pour améliorer la planification des dé- placements;

Élargir le service cellulaire dans le réseau de transport du Nord de l’Ontario;

Élargir et améliorer l’offre de haltes routières, d’aires de stationnement sur le bas-côté et de voies d’arrêt;

Faire des investissements stratégiques dans le réseau routier qui réduiront les répercussions des incidents et des fermetures de route sur les conducteurs;

Et accroître la sécurité des personnes qui utilisent les services de transport interurbain par autobus en offrant des commodités qui répondent mieux aux besoins des usagers.

Le troisième défi est l’impact des changements climatiques sur le réseau de transport dans le Nord de l’Ontario, qui aura des répercussions « disproportionnées » sur les communautés éloignées.

Les solutions proposées sont :

Moderniser l’infrastructure de base des aéroports en région éloignée pour soutenir leurs fonctions essentielles;

Améliorer les fonctions opérationnelles des aéroports en région éloignée et renforcer notamment leur fabilité;

Améliorer la qualité des routes d’hiver et prolonger la saison de leur utilisation au moyen de l’amélioration de l’infrastructure, de programmes, de l’entretien et de la formation;

Fournir des lieux de livraison saisonniers à usages multiples pour les marchandises et des aires de stationnement sur le bas-côté le long du réseau routier d’hiver pour réduire les risques et améliorer la circulation des personnes et des marchandises;

Renforcer l’application des lois sur les routes d’hiver et dans les aéroports en région éloignée;

Poursuivre l’élargissement du réseau routier toutes saisons en collaboration avec les collectivités des Premières Nations intéressées et avec les autres paliers de gouvernement et partenaires;

Et continuer de coordonner l’aménagement du territoire et la planification des transports dans le Grand Nord de concert avec les collectivités des Premières Nations et Affaires autochtones et du Nord Canada (AANC).

Le quatrième défi réside dans le fait de réduire les répercussions sur l’environnement du Nord de l’Ontario pour préserver « le milieu naturel vierge et les paysages spectaculaires » de la région.

Les solutions proposées sont :

Élargir l’infrastructure de large bande dans les collectivités rurales et éloignées du Nord de l’Ontario pour offrir de meilleures communications aux personnes et aux fournisseurs de services de transport;

Offrir des services à distance au moyen des télécommunications ou localement lorsque c’est possible pour que les gens aient un moins grand besoin de se déplacer;

Promouvoir la production locale d’aliments et de marchandises pour réduire le besoin de transport sur de longues distances;

Faciliter l’adoption de nouvelles méthodes novatrices pour le transport des marchandises, s’il y a lieu, comme les dirigeables et les aéroglisseurs;

Et recueillir des données et accroître la surveillance, les connaissances et les prévisions pour faciliter la planification à long terme du transport.

Le dernier défi est de fournir des services de transport et une infrastructure qui devra s’adapter aux nouvelles technologies.

Les solutions proposées sont :

Réduire les émissions de GES provenant du transport par automobile et par camion dans le Nord de l’Ontario en réduisant la dépendance à l’égard du diesel et de l’essence et en passant à l’électricité et aux carburants à faible teneur en carbone;

Accroître l’utilisation des énergies renouvelables dans le réseau de transport du Nord, notamment pour les déplacements en véhicule, dans les aéroports et dans les collectivités éloignées;

Tenir compte des répercussions et des risques associés aux changements climatiques dans les décisions relatives aux investissements dans l’infrastructure de transport pour le Nord de l’Ontario;

Accroître la sensibilisation, la prévention et l’intervention en lien avec le transport de marchandises dangereuses et les déversements;

Augmenter les possibilités de cyclisme en reliant le réseau cyclable à l’échelle de la province, accorder des droits de passage routier aux cyclistes lorsqu’il y a lieu et soutenir la construction d’une infrastructure cyclable dans les villes, grandes et petites, et dans les collectivités des Premières Nations;

Encourager la planification d’une densification urbaine qui favorise les solutions de transport actif comme la marche ou le vélo et augmente la viabilité du transport en commun local;

Et accroître la sécurité des animaux sauvages et diminuer les répercussions des routes sur le patrimoine naturel et la biodiversité.