Bâtir de meilleures habitations pour les réfugiés sahraouis avec des bouteilles de sable

25 aout 2017

TINDOUF, Algérie ( Haut commissariat des réfugiés) - Dans le sud ouest de l’Algérie, au fin fond du désert, un jeune réfugié sahraoui remplit de vieilles bouteilles avec du sable pour construire des habitations qui résistent mieux au rude climat.

Titulaire d’un master d’ingénieur spécialisé en rendement énergétique, Tateh Lehbib Breica, un réfugié sahraoui, avait initialement prévu de construire une maison à haut rendement énergétique dans le désert. Son idée était d’aménager un jardin en terrasse en utilisant des bouteilles jetées. Cependant, la forme circulaire du toit présentait certains problèmes pour la construction, et Tateh, qui est âgé de 27 ans, s’est retrouvé avec de nombreuses bouteilles qu’il ne pouvait plus utiliser pour faire pousser de jeunes plants, comme il en avait l’intention.

« Je me suis demandé ce que j’allais pouvoir faire avec ces bouteilles », dit Tateh, qui est né et a grandi dans le camp de réfugiés d’Awserd, est allé à l’université à Alger en tant que boursier DAFI et a ensuite préparé son master dans une université espagnole.

« Je me suis alors souvenu d’un documentaire que j’ai vu, pendant mes études universitaires, sur l’utilisation de bouteilles en plastique comme matériau de construction et je me suis dit : “Pourquoi ne pas essayer ça?” ».

La fourniture d’un logement décent et adapté au climat rude du désert constitue un problème dans le camp d’Awserd, l’un des cinq camps de la région de Tindouf, où vivent des réfugiés sahraouis qui ont fui les combats de la guerre du Sahara occidental il y a plus de 40 ans.

Les maisons construites en terre crue, ou banco, sont exposées aux fortes pluies  qui balaient périodiquement le  désert du Sahara comme la tempête de fin 2015 qui a  détruit des milliers d’habitations. Les tempêtes de sable, fréquentes, remplissent aussi les maisons et les tentes sahraouies traditionnelles d’une poussière étouffante qui peuvent entraîner des évacuations temporaires.

La première maison que Tateh a construite en utilisant des bouteilles remplies de ce sable omniprésent dans la région était pour sa grand‑mère, qui marche difficilement et qui s’est retrouvée blessée lorsque des personnes l’ont transportée vers un centre communautaire dans le camp pour qu’elle soit à l’abri pendant une tempête de sable.

Outre le fait qu’elle offre une résistance structurelle plus grande à l’eau, la maison, circulaire et aux murs épais, présente moins de prise au vent grâce à un profil plus bas et s’est révélée plus étanche au sable et à la poussière des tempêtes appelées « haboobs ».

L’intérêt que porte Tateh à l’utilisation de contenants en plastique jetés pour la construction de maisons, lui a valu le surnom de « Majnoun al qarurat », qui signifie « le fou des bouteilles ».

(Crédit photo: HCR / Russel Fraser)