Des affrontements font au moins 71 morts au Myanmar

25 aout 2017

RANGOON, Myanmar (Presse canadienne) - Au moins 71 personnes ont été tuées quand des militants ont attaqué les forces de l’ordre avec des armes à feu et des machettes dans un état instable de l’ouest du Myanmar, a indiqué la police vendredi. Les militants auraient notamment ciblé des commissariats de police et des postes frontaliers.

Les attaques auraient débuté un peu après minuit, après qu’une commission présidée par Kofi Annan, l’ancien secrétaire général des Nations unies, eut publié un rapport qui recommande aux dirigeants birmans d’intervenir rapidement pour améliorer le développement économique et la justice sociale dans l’État de Rakhine, afin de réduire les tensions entre les bouddhistes et la minorité musulmane rohingya.

Le bureau d’Aung San Suu Kyi, la leader de fait du Myanmar, a affirmé sur Facebook que les attaques ont été organisées pour coïncider avec la publication du rapport final de la commission de M. Annan.

La police locale affirme qu’au moins 26 commissariats et postes frontaliers ont été attaqués dans le nord du Rakhine. Le bureau de Mme Suu Kyi a annoncé sur Facebook que 12 membres des forces de l’ordre et 51 militants ont été tués.

Les militants auraient réussi à voler des armes à la police pendant les affrontements. Les attaques ont été revendiquées par l’Armée du salut arakan rohingya.

Neuf gardes-frontières ont été tués dans cette région l’an dernier par des insurgés que le gouvernement a décrits comme étant des « terroristes ». L’armée birmane a ensuite lancé en octobre, dans les secteurs rohingyas du Rakhine, une opération contre-insurrectionnelle _ qui, selon l’ONU, a donné lieu à des dérapages quand les forces de l’ordre ont tué et violé des civils, en plus d’incendier un millier de maisons. L’insurrection rohingya donne depuis ce moment des signes d’intensification.

Les rohingyas font depuis longtemps l’objet d’une discrimination sévère de la part de la majorité bouddhiste au Myanmar. Ils ont notamment fait les frais d’affrontements interconfessionaux qui ont fait des centaines de morts en 2012. L’ONU calcule qu’au moins 80 000 Rohingyas ont fui vers le Bangladesh voisin depuis octobre.

(Crédit photo: « Un musulman Rohingya fuit le Myanmar pour le Bengladesh pour échapper à de la violence religieuse »/ Mint News)