Vladimir Poutine condamne Pyongyang, mais lance un appel au dialogue

5 septembre 2017

NEW YORK _ Le président russe Vladimir Poutine a condamné mardi le plus récent essai nucléaire de la Corée du Nord, mais il a aussi mis en garde contre toute intervention militaire en déclarant que “c’est une route qui ne mène nulle part” qui pourrait provoquer une “catastrophe mondiale”.

La Corée du Nord a procédé mardi à l’essai nucléaire le plus puissant de son histoire, ce qui lui a valu une menace de “réplique militaire massive” de la part des États-Unis.

La Russie estime que ce test est une “provocation”, a déclaré M. Poutine lors d’une conférence de presse en Chine, où il se trouve pour un sommet des leaders des économies émergentes. Il a ensuite prévenu que de nouvelles sanctions contre Pyongyang seraient “inutiles et inefficaces”.

M. Poutine a dit que les voisins de la Corée du Nord devraient dialoguer avec elle au lieu d’encourager une “hystérie militaire”.

De son côté, la Corée du Sud a mené mardi des manoeuvres navales

à tirs réels au large de la côte est du pays, poursuivant les démonstrations de sa capacité militaire à la suite du plus récent essai nucléaire de la Corée du Nord.

Le ministère de la Défense de Séoul a affirmé que des navires de guerre, incluant une frégate de 2500 tonnes, un navire de patrouille de 1000 tonnes et des navires à missiles téléguidés ont participé à des exercices visant à répliquer aux provocations de Kim Jong-un.

Séoul a indiqué que d’autres manoeuvres navales sont prévues de mercredi à samedi dans les mers du sud.

L’ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, a affirmé que les États-Unis feront circuler cette semaine une ébauche de résolution exhortant à de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord.

Mme Haley a fait ces commentaires, lundi, au terme d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies, au cours de laquelle les membres ont condamné le plus récent essai nucléaire de la Corée du Nord.

L’ambassadrice américaine aux Nations unies a dit croire que Pyongyang avait “en fait donné une claque au visage de tous (les pays) dans la communauté internationale lui ayant demandé de cesser” ses essais et tirs de missiles. Elle a ajouté avoir comme objectif de soumettre la résolution à un vote lundi prochain.

Néanmoins, l’ambassadeur russe Vassily Nebenzia a affirmé aux journalistes après la rencontre que des sanctions ne suffiraient pas

à régler la question, et qu’il devrait y avoir également des négociations.

Mme Haley avait affirmé au Conseil de sécurité que les États-Unis ne “cherchent jamais la guerre”, mais que la patience du pays n’est “pas sans fin”. Elle a affirmé que Kim Jong-un “cherche vraiment la guerre”.

Il y a moins d’un mois, le conseil avait imposé ses sanctions les plus sévères à ce jour contre la Corée du Nord.

La réunion d’urgence avait été convoquée après que la Corée du Nord eut prétendu pendant la fin de semaine avoir testé avec succès une bombe à hydrogène. Il y a six jours, le Conseil de sécurité avait fortement condamné le tir, par la Corée du Nord, de missiles balistiques qui avaient survolé le Japon.

La Chine a mis en garde Pyongyang contre son projet d’un nouveau tir de missile balistique, disant que le pays ne devrait pas aggraver les tensions.

La Corée du Sud a indiqué que l’armée américaine installera bientôt des lance-missiles additionnels dans le sud-est afin de contrer les provocations de la Corée du Nord.

Par Jennifer Peltz et Maria Sanminiatelli

THE ASSOCIATED PRESS