Une entrepreneure de Hearst à la Conférence des femmes de la Francophonie

30 octobre 2017

Bucarest, la capitale de la Roumanie, accueillera le 1er et le 2 novembre 2017 la deuxième édition de la Conférence des femmes de la Francophonie, dont les trois thématiques sont les droits des femmes et l’accès au marché du travail, l’innovation et l’entrepreneuriat féminin et le leadership des femmes dans la gouvernance économique.

C’est la première fois que l’Ontario sera représenté par des citoyennes et plus précisément par six entrepreneures. Il s’agit de Julie Deans, Léonie Tchatat et Anne Vinet de Toronto, Nathalie Grenier d’Ottawa et deux résidentes du Nord de l’Ontario : Zoe Arsenault de Thunder Bay et Mireille Morin, la copropriétaire de la Distillerie Rheault à Hearst. Elles feront partie des 450 participant(e)s attendues, au nombre desquels il y aura des entrepreneur(e)s, des membres de la société civile et des représentant(e)s d’états et de gouvernements membres de l’Organisation internationale de la Francophonie, dont la présidente actuelle est l’ancienne gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean.

Mireille Morin raconte comment elle a appris qu’elle était sélectionnée pour représenter la province lors de cette conférence. « J’ai reçu un appel de l’attaché de la ministre des Affaires francophones en septembre. Je n’ai pas soumis de demande pour participer à cet évènement. C’était un choix de la ministre Lalonde. J’ai l’impression que c’est parce qu’on a été nominés peut-être pour un des prix qu’on avait gagnés. On a été récipiendaires du prix de la première ministre en excellence en agroalimentaire, un des chefs de file en innovation en 2014. Peut-être aussi, c’est parce qu’on avait gagné dans le Réseau de développement économique et de l’employabilité, on avait gagné meilleure microentreprise en Ontario […]. On a également eu un prix Meilleur produit fait en Ontario par la LCBO, le Prix Elsie en 2015… Je ne sais pas pourquoi on m’a choisie. »

Interrogée à ce sujet, MarieFrance Lalonde avait mentionné que son choix était une reconnaissance des défis particuliers auxquels sont confrontées les entrepreneures francophones. Mireille Morin confirme que ces défis sont une réalité. « Définitivement, c’est vrai. Je crois qu’il y a des embûches, c’est sûr. Il y a des industries qui sont plus difficiles à percer que d’autres. J’ai l’impression qu’il y a encore des préconceptions que certains métiers appartiennent aux hommes et d’autres aux femmes, pas de façon sévère, mais ça existe encore. On ne peut pas se le cacher, il y en a des inégalités dans le monde. »

Ce constat, Mireille Morin n’est pas la seule à le faire. Sur le site internet de la conférence, fruit d’une collaboration entre Michëlle Jean et le président roumain Klaus Iohannis, les organisateurs ont choisi comme figure de proue Aminata Fofana, une ancienne championne de volley-ball pour la Côte d’Ivoire qui est maintenant Secrétaire générale du comité olympique de son pays. « Je ne vous demande pas de prendre la place des autres, mais il faut que les femmes prennent leur place. Il faut être en réseau parce que déjà le réseau vous permet de savoir ce qu’il est possible de faire ailleurs, quelles sont les avancées que certaines autres femmes ont eues ailleurs », déclare-t-elle dans une vidéo qui la montre en train d’encourager des jeunes à s’engager dans une pratique sportive professionnelle.

Cet esprit de partage des expériences, Mireille Morin l’a aussi. Pour elle comme pour Marie-France Lalonde, la délégation ontarienne va à Bucarest pour recueillir une expérience qui sera partagée après leur retour avec le reste de la province. « J’espère être capable de rapporter des histoires à succès puis des bons coups pour qu’on puisse arriver et peut-être les calquer en Ontario […]. Quand on va être de retour en Ontario, à l’hiver 2018, c’est justement un des buts : faire des tables rondes en province et partager nos expériences qu’on a vécues là-bas. Et puis, possiblement, on veut bâtir la capacité des jeunes femmes franco-ontariennes au niveau des affaires », souligne Mireille.

Le partage est une valeur promue par les organisateurs de la conférence, mais dans la mission affichée sur le site internet de Conférence des femmes de la Francophonie, il transparait aussi un désir de voir les participant(e)s bénéficier de l’évènement. « La conférence est aussi l’occasion, pour les femmes entrepreneures et les membres de la société civile engagés dans la vie économique, culturelle et sociale, tant sur le plan de la gouvernance, de l’innovation ou de l’entrepreneuriat, de se rassembler, d’échanger et d’explorer les possibilités de maillage, afin d’instituer le réseau francophone des femmes entrepreneures. » Pour Mireille Morin, il est donc clair que l’évènement sera aussi bénéfique pour la distillerie. « C’est toujours une occasion de réseautage. Que tu ailles où que tu veuilles, les gens que tu rencontres, c’est toujours une source enrichissante. C’est quel-que chose qu’il est important de faire dans une entreprise. On n’a jamais assez de ressources ou de gens qu’on connait. C’est bon pour nous. »

Par Awa Dembele-Yeno