Passchendaele : 100 ans plus tard

7 novembre 2017

1917 – La Première Guerre mondiale fait rage. Zoom sur la Flandre.

Depuis quelques mois, les avancées sont périlleuses, le temps est particulièrement pluvieux et les basses terres qui caractérisent la région n’arrivent plus à absorber les eaux.

Mais après des semaines d’efforts, les Canadiens repoussent les Allemands, qui tiennent la crête de Passchendaele, en Belgique, depuis plus de trois ans.

Le bilan est lourd, mais permet un gain symbolique au plan militaire, qui mènera à la victoire des Alliés, un an plus tard. Le front de Passchendaele

À partir du 31 juillet 1917, Britanniques, membres du Commonwealth et autres alliés sont déterminés à repousser les Allemands, qui sont campés dans la région depuis près de trois ans.

Au cours des semaines et des mois qui suivent, la pluie et les tirs dévastent le terrain.

À la mi-octobre, les Canadiens sont appelés à libérer la crête, qui surplombe un véritable champ de boue. Le général Arthur Currie craint la boucherie — il prévoit 16 000 pertes — et prépare minutieusement les avancées de ses hommes sur le terrain ravagé.

Le 26 octobre, le terrain est prêt. Les Canadiens rampent péniblement dans les trous d’eau, sous les tirs nourris des Allemands, essuyant de lourdes pertes. « Nos troupes ont surmonté des difficultés inimaginables », décrit Anciens combattants Canada.

Toutefois, au bout de quatre jours, les troupes atteignent Passchendaele.

Le 6 novembre marque l’assaut final, donné de concert par la 5e Brigade d’infanterie canadienne et des Britanniques. C’est au 27e Bataillon de Winnipeg que revient l’honneur de libérer le village, le 10 novembre.

Comme l’avait prévu le général Currie, 4000 hommes meurent sous les balles et 12 000 sont blessés. Sept survivants et deux tués — Manitobains, Ontariens, Albertains, Saskatchewanais, Yukonnais, Néo-Écossais — recevront la Croix de Victoria pour bravoure extraordinaire et leur dévouement face à l’ennemi. Pour se souvenir

Cent ans après les faits, on peut toujours en apprendre plus sur cet important chapitre de la Première Guerre mondiale in situ, soit en visitant le village reconstruit, qui porte aujourd’hui le nom de Passendale. D’ailleurs, plusieurs cérémonies sont prévues du 8 au 12 novembre.

Un mémorial canadien, avec sa nouvelle Porte du Canada, a été aménagé à l’endroit même où les soldats canadiens ont fait face au feu le plus meurtrier et à une pluie torrentielle. C’est aussi de cet endroit qu’ils ont pu s’emparer de la crête, 700 mètres plus loin.

Plusieurs cimetières sont aménagés autour du village. Il y a le nouveau cimetière britannique de Passchendaele, lieu de sépulture 2100 soldats, dont 1600 ne sont pas identifiées. Au sud, le cimetière Tyne Cot, le plus grand cimetière de guerre du Commonwealth au monde, aménagé dans un premier temps d’octobre 1917 à mars 1918 par des troupes du Canada, du Royaume-Uni et de la France pour accueillir 350 dépouilles. Il a été passablement agrandi après l’armistice, avec le déplacement de 11 500 soldats d’abord inhumés près des nombreux champs de bataille de la région. Un millier de Canadiens y reposent et plus de 8300 des défunts n’y sont pas identifiés.

Un peu plus au sud, dans le village de Zonnebeke, un musée mémorial décrit sur le siège et les batailles qui se sont déroulés dans ces basses terres.

Et pour ceux qui voyagent depuis leur foyer, les sites d’Anciens combattants Canada comme celui du Musée de la guerre veillent au devoir de mémoire. Ils consacrent chacun une page à la bataille de Passchendaele.