Transfusions sanguines chez les Témoins de Jéhovah: un coroner appuie la liberté

14 novembre 2017

QUÉBEC - Le coroner Luc Malouin soutient que chaque personne au Québec a la liberté de refuser qu’on lui administre un produit sanguin ou une transfusion sanguine, même si un tel refus peut l’exposer à une mort imminente.

Le coroner Malouin a enquêté au cours des derniers mois sur les décès de Mirlande Cadet et d’Éloïse Dupuis dont les dossiers ont fait état du refus de ces deux témoins de Jéhovah de recevoir toute transfusion ou produit sanguin. Elles bénéficiaient toutes deux de soins après avoir été admises en institutions pour accoucher.

Dans le cas du décès de Mme Dupuis, le coroner affirme que sa liberté de refuser un produit sanguin a été exercée en accord avec les règles de droit et qu’il lui appartenait de faire ses choix et d’en assumer les conséquences.

Il ajoute que les médecins et le personnel médical ont informé la patiente et sa famille de l’importance des transfusions pour lui sauver la vie mais que Mme Dupuis a maintenu son refus.

Le coroner écrit que le Code civil du Québec prévoit qu’une personne majeure, saine d’esprit, consciente et bien renseignée peut accepter ou refuser un traitement médical, à condition que la décision ait été libre et éclairée. Il ajoute que chacun a droit à la liberté de conscience et de religion en vertu de la Charte des droits et libertés de la personne.

Luc Malouin a aussi conclu que dans le dossier de Mme Dupuis, la communauté religieuse n’avait pas eu d’influence indue.

Éloïse Dupuis est morte à l’Hôtel-Dieu de Lévis le 12 octobre 2016, sept jours après son admission en maison de naissance au cours de laquelle elle avait fait part de son refus de transfusion de sang ou de produits sanguins dérivés. Avant sa mort, elle avait donné naissance à un enfant en bonne santé.

Quant à Mirlande Cadet, elle est morte le 3 octobre 2016 à l’âge de 46 ans, deux jours après avoir été admise au Centre hospitalier de St. Mary, à Montréal, pour accoucher d’un enfant. Elle avait reçu des transfusions sanguines avec l’accord de son conjoint.

Dans ce dossier, le coroner Malouin écrit ne pas avoir été en mesure de se prononcer sur les conséquences qu’a eu sur le décès le délai pour recevoir les transfusions.

(La Presse canadienne)