L’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick (AFMNB) ajoute sa voix à celle de la Société de l’Acadie du N.-B. et demande que la spécificité de la province soit reconnue dans la Loi sur les langues officielles du Canada (LLO).

Les dirigeants de l’AFMNB ont comparu devant le Comité sénatorial permanent des langues officielles, la semaine dernière, à Ottawa. Ce comité mène présentement des consultations sur la modernisation de la LLO fédérale. Cette dernière n’a pas subi de réforme majeure depuis 1988.

Le président de l’AFMNB et maire de Petit-Rocher, Luc Desjardins, s’est d’abord prononcé en faveur de la mise en œuvre intégrale de la Loi.

« Nous ne serons pas des précurseurs et vous ne serez pas étonnés d’entendre que l’une des plus grandes faiblesses de la Loi sur les langues officielles est, à notre avis, l’absence de certaines dispositions permettant de lui accorder son plein potentiel. »

Il a précisé que si la LLO comprend des passages qui contraignent les institutions fédérales à mettre en œuvre des « mesures positives » pour appuyer des minorités francophones et anglophones. Aucun règlement n’a été adopté pour préciser ce que cela veut dire concrètement, a-t-il déploré.

Lire l’article complet sur le site de l’Acadie Nouvelle… (un abonnement peut être requis)

Luc Desjardins a aussi profité de son passage devant ce comité de sénateurs pour appuyer l’idée proposée plus tôt ce mois-ci par la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) lors de sa comparution.

Cette dernière avait recommandé que le caractère unique du Nouveau-Brunswick — qui est déjà reconnu par la Charte des droits et libertés du Canada — soit inscrit noir sur blanc dans la LLO.

« Sans nous prononcer sur l’outil à utiliser entre une modification de la Loi ou une codification de cette spécificité dans un règlement, il nous apparaît primordial d’effectivement reconnaître le caractère unique de la communauté acadienne et francophone du Nouveau-Brunswick », a dit le président de l’AFMNB lundi soir.

Lors de la période d’échanges avec les membres du comité, la sénatrice néo-brunswickoise Rose-May Poirier a demandé à Luc Desjardins et à Frédérick Dion s’ils sont d’accord avec la SANB, qui souhaite que la LLO soit modifiée afin que les institutions fédérales soient tenues d’offrir des services bilingues dans tous leurs bureaux néo-brunswickois.

En ce moment, elles ont seulement cette obligation si leur mandat le justifie où il y a une « demande importante » pour des services dans les deux langues officielles. Le directeur de l’AFMNB, Frédérick Dion, lui a répondu qu’il est « entièrement d’accord » avec la demande de la SANB.

Il est ensuite allé plus loin et affirmé que les services offerts sur une base régionale dans les provinces de l’Atlantique par le gouvernement fédéral devraient aussi être bilingues.

Il a raconté comment l’AFMNB a récemment vécu une situation problématique lorsqu’elle a eu des contacts avec le bureau régional du ministère de la Santé à Halifax pour obtenir de l’expertise sur le radon.

Le fonctionnaire affecté à ce dossier dans les provinces de l’Atlantique n’était pas en mesure de communiquer en français. L’Association a alors suggéré d’aller cogner à la porte du fonctionnaire affecté à ce dossier au Québec, mais sa demande a été refusée pour des raisons de juridiction et de zones.

Immigration : une question de survie

Lors la comparution, le président de l’AFMNB a argumenté que l’un des dossiers qui illustrent l’importance de reconnaître la spécificité du Nouveau-Brunswick dans la LLO est celui de l’immigration.

De nombreuses communautés francophones de la province voient leur population diminuer, principalement en raison de l’exode rural et du vieillissement de la population, mais le fédéral ne tient toujours « pas compte des besoins et de la réalité unique de l’Acadie du Nouveau-Brunswick », a-t-il dit.

« Nos cibles d’immigration francophone ne doivent pas se situer entre 4 % et 5 % comme ailleurs au Canada, mais plutôt entre 30 % et 40 %, au minimum, pour espérer voir la communauté acadienne et francophone maintenir son poids démographique. En fait, c’est la survie même de certaines communautés qui en dépend. »

Luc Desjardins a enchaîné que selon lui, il est possible de s’attaquer au problème en définissant clairement quelles sont les fameuses « mesures positives » dont il est question dans la LLO et en élaborant des responsabilités spécifiques ciblant Immigration Réfugiés et Citoyenneté Canada.