Quarante-huit heures avant les douze coups de minuit, le fédéral vient à la rescousse de l’Université de l’Ontario français. Le gouvernement canadien accorde 1,9 million de dollars au projet.

L’annonce a été faite tard dimanche soir sur Twitter par la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly.

L’argent accordé provient des fonds prévus dans le Plan d’action pour les langues officielles. Ce financement accorde un an de plus, jusqu’en janvier 2020, à l’équipe qui travaille à la création de l’université.

Fidèle à son silence, le gouvernement provincial ne serait pas à l’origine de cette subvention. C’est grâce à la demande de l’équipe responsable de la mise sur pied de l’université. Mme Joly explique, dans une lettre adressée à la ministre aux Affaires francophones, que dans les circonstances, le gouvernement a décidé d’allouer les fonds.

« Soyons clairs, la responsabilité revient au gouvernement de l’Ontario de mener à bien ce projet », peut-on lire dans la lettre. « Cela étant dit, la communauté franco-ontarienne pourra toujours compter sur l’appui indéfectible du gouvernement du Canada à titre de partenaire dans ce projet et pour assurer le rayonnement du français dans la province. »

Le projet d’Université de l’Ontario français, annoncé par le gouvernement provincial libéral précédent, avait été annulé par les conservateurs de Doug Ford lors de l’énoncé économique du 15 novembre dernier, aussi connu comme le jeudi noir.

Quelques semaines plus tard, la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie avait évoqué la possibilité de voir le fédéral sauver le projet. La proposition avait valu quelques échanges entre Mme Joly et Mme Mulroney, sans pour autant aboutir à une solution.

Sur les réseaux sociaux, une multitude de publications de diverses organisations francophones louait l’action prise par le fédéral.

« Mon Assemblée remercie Patrimoine canadien pour son investissement financier d’un an dans l’UOF », a twitté l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario. « La subvention permettra à l’institution de garder ses employés (en plus) de travailler sur un pan important du projet : le carrefour communautaire. »

Quant à la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne, la FESFO, elle espère une ouverture en 2020 et souhaite que le leadership du fédéral démontre au gouvernement ontarien l’importance d’une telle institution en Ontario français.

La suite

La présidente du Conseil de gouvernance de l’Université de l’Ontario français, Dyane Adam, devait rencontrer lundi un représentant de la ministre des Affaires francophones concernant la subvention. Mme Mulroney elle-même ne participerait pas à cette rencontre puisqu’elle serait ailleurs, selon Mme Adam.

Premier contact

Une première réaction du gouvernement Ford indique que le ministère de la Formation et des Collèges et Universités ne fournira pas de fonds tant que le projet sera en suspens. La province accuse aussi le gouvernement fédéral de « sous-financer » les Franco-Ontariens.