Nombre de personnes s’en vont de Hearst dans leurs jeunes années pour ne plus y revenir, de façon générale. De temps en temps, certaines reviennent contribuer au développement de la communauté, comme Emmanuelle Rheault (ER) qui a acheté l’an dernier le Café Duo. Le Nord l’a rencontrée à ce sujet.

Par Elsie Suréna

LN : Vous viviez à Toronto, c’est ça ?
ER : Oui et j’ai travaillé pendant dix ans pour la TFO. D’abord comme agente à la programmation, puis assistante à la production, pour terminer comme agente au préachat et acquisition d’émissions jeunesse, soit jusqu’en septembre dernier quand je suis retournée ici.
LN : Pour ?
ER : (Rires). Pour plusieurs raisons. J’ai d’abord été à Montréal en 1999 pour des études en cinématographie et une maitrise en histoire. J’ai déménagé à Toronto et toutes ces années-là dans la grande ville, ça a fini par me fatiguer. Dernièrement, il y a eu un shooting sur la rue Danforth, dans le quartier où j’habitais. Marcher dans la rue c’était un stress de plus et en prenant mon vélo pour aller travailler, j’avais peur de me faire frapper. Ça allait de plus en plus mal à la TFO, donc je me suis intéressée à la fabrication de la bière. J’ai suivi des cours en 2015-2016, j’en ai fait à la maison. J’étais au dernier Salon du livre de Hearst pour une dégustation et j’ai vu qu’il y avait un intérêt pour ça, les gens étaient vraiment enthousiastes et on m’a dit « reviens faire une brasserie ». Quand m’a mère m’a dit que le Café Duo était à vendre, j’ai vu que c’était une opportunité de prendre de l’expérience dans une entreprise qui fonctionne déjà très bien et travailler sur mon projet de microbrasserie à Hearst, plus près des gens intéressés à y participer.
LN : Aviez-vous de l’expérience en cuisine ?
ER : (Rires) Non. En fait, quand ma mère m’a dit que c’était à vendre, elle a ajouté, je te verrais bien faire ça. J’aime la cuisine, je faisais souvent des soupers pour mes amis qui me trouvaient toujours très bonne. J’avais vraiment besoin d’un changement et je me disais que faire la cuisine, c’est gratifiant, utile. J’ai quand même un certain ta-lent, mais ma seule expérience c’était d’avoir travaillé une semaine dans une microbrasserie, ce qui est un peu relié. Ça m’a donné envie d’acheter ce comptoir de plats préparés, je trouvais ça pratique aussi parce que j’habite sur place et c’est bien installé, bien situé. J’ai trouvé l’opportunité vraiment intéressante, donc j’ai tenté ma chance.
LN : Quand avez-vous démarré ?
ER : J’ai pris possession le 1er octobre et j’ai eu un mois d’entrainement avec l’an- cienne propriétaire. Depuis le 1er novembre, c’est moi qui gère et ça va bien. J’ai commencé à une période très occupée de l’année, à la veille de Noël, donc j’ai pas pu bien me préparer pour la demande que j’allais avoir, malheureusement, mais bon, ça donne une très bonne idée de ce qui va arriver l’année prochaine (rires). J’ai commencé à faire quelques petits changements, pas trop rapidement, car je veux que les gens s’habituent à moi. À date, j’ai eu de très bons commentaires de la clientèle et je suis très contente.
LN : Comment allez-vous jumeler la brasserie et le restaurant ?
ER : Éventuellement, après un an ou deux, je vais m’organiser pour avoir des employés pour s’occuper du Café Duo sans que je sois obligée d’être toujours là. Je pourrais travailler sur le projet de microbrasserie que je veux faire à un autre endroit, mais le défi là-dedans c’est de trouver la main-d’œuvre avec ce savoir particulier. Peut-être même faire venir quelqu’un de l’extérieur, et c’est ça qui va déterminer la taille de l’entreprise qui pourrait être une nano brasserie et fournir juste la communauté là. Ça m’inquiète déjà, car pour le Café Duo, ce n’était pas évident, mais j’ai trouvé assez rapidement deux employées qui sont excellentes. Éventuellement, ça va m’en prendre une troisième. On va voir.
LN : On vous souhaite d’ores et déjà bonne chance dans vos deux projets !