L’École catholique Pavillon Notre-Dame de Hearst est la récipiendaire cette année du prix de la Commission nationale des parents francophones (CNPF), remis par l’organisation ontarienne Parents Partenaires en Éducation (PPE). Le lauréat a été annoncé en juin de cette année lors de l’assemblée générale de PPE, mais la plaque commémorative a été remise à la mi-octobre, en raison des mesures de gestion de la Covid, selon ce qu’a expliqué en entrevue avec le journal Le Nord Paul Baril, qui fait partie du conseil scolaire de l’École Pavillon Notre-Dame depuis trois ans.

« Tous les conseils scolaires de l’Ontario francophone, donc les 13 conseils scolaires francophones sont sollicités par la CNPF et par Parents Partenaires en Éducation pour soumettre des candidatures pour reconnaitre une de leurs écoles en Ontario. Il y a une tonne d’écoles qui appliquent pour reconnaitre leur conseil d’école qui a fait du travail exceptionnel. Le conseil scolaire de l’école Pavillon Notre-Dame a été retenu par l’équipe de Parents Partenaires en Éducation comme étant l’école qui s’est distinguée dans l’année 2020. »

D’après le site internet de la PPE, le prix de la CNPF est décerné « à un conseil d’école, membre de Parents partenaires en éducation (PPE), qui a mis en œuvre un projet spécifique nécessitant la collaboration et un partenariat entre les parents et l’école. Le projet doit avoir été réalisé au cours des trois dernières années et doit démontrer clairement la collaboration entre les parents et l’école. »

Or, dans le document de candidature envoyé par le conseil scolaire de l’école Pavillon Notre-Dame, plusieurs projets collaboratifs entre les parents et l’école ont eu lieu au cours des dernières années. Il y a eu le projet Bouger pour la santé conçu pour encourager l’activité physique parents et enfant : « L’enfant devait passer un minimum de 15 minutes avec l’un de ses parents pour accumuler un point en plus des activités en grand groupe, proposées par le conseil d’école (baignade à la piscine, glissade l’hiver, randonnées sur le sentier pédestre, etc. ». Il y a eu aussi une soirée de peinture, une soirée de lecture, une session de photos à Noël, des collectes de fonds et un projet de jardinage. Dans le cadre du projet 1, 2, 3 Jardine, selon le document, « les parents et enfants ont construit leur boite de jardinage et même décoré leur boite avec de la peinture. » Ensuite, les parents et les enfants sont allés à La Maison Verte pour remplir leur bac de terre et planter des semences.

Le dernier projet en cours, d’après M. Baril, est la construction de pergolas dans la cour de l’école Pavillon Notre-Dame pour permettre aux enfants de vivre certaines de leurs activités éducatives à l’extérieur, comme des activités de lecture.

Malgré le nombre d’activités organisées, à en croire M. Baril, les membres du conseil scolaire de l’école Pavillon Notre-Dame ont été surpris d’apprendre que leur école avait remporté le prix de la CNPF. « Ils se disaient, ben voyons donc, on n’a rien fait d’exceptionnel. On travaille, on est là, parce que le but d’un conseil d’école, c’est de travailler pour ses enfants, pour s’assurer que l’école ait plein d’activités, qu’il y ait des collectes de fonds. Donc le conseil d’école, quand je leur ai annoncé qu’on était récipiendaire ici à Hearst, les gens ont réagi de façon très humble. Ils ont dit : “Pourquoi nous ? Il y a tellement de conseils d’école en Ontario.” »

M. Baril a mentionné que la nouvelle a aussi surpris les dirigeants de l’école Pavillon Notre-Dame. « La directrice de l’école, c’est Tracy Christianson, elle était comme : “Wow, ça ne se peut quasiment pas. On a été choisis dans la province ». Puis pour le Conseil catholique des Grandes Rivières, je peux vous dire que Claire Marquis, qui est la surintendante de notre conseil scolaire, quand je lui ai annoncé la nouvelle, elle a dit : « Wow, c’est incroyable ! » Parce qu’habituellement, ce sont souvent des écoles de la région de Toronto ou Ottawa qui sont retenues, puis là, c’est une petite école dans le Nord de l’Ontario. Les commentaires que j’ai eus de la PPE, c’est que leur choix n’a pas été difficile. Ils avaient été impressionnés par la soumission. »

Depuis 2010, cette collaboration entre les parents et les écoles fait partie de la politique provinciale de participation des parents pour les écoles de l’Ontario, intitulée Partenariat avec les parents. Dans la lettre de Leona Dombrowsky, la ministre de l’Éducation de l’époque, qui sert de préface au document, il est écrit : « Les parents jouent un rôle important dans le domaine de l’éducation. Ils sont des partenaires vitaux qui contribuent dans une large mesure au travail que font nos éducatrices et éducateurs, nos écoles et nos communautés. »

Le document n’est pas conçu apparemment pour culpabiliser les parents en surcharge de travail ou les parents dont les enfants vivent des difficultés d’apprentissage. L’objectif de la politique, selon le document, est de les encourager à rechercher du soutien quand ils en ont besoin et aussi à créer à la maison un environnement où les parents parlent avec leurs enfants de ce qu’ils apprennent à l’école.

Dans cette perspective holistique de l’éducation qui favorise le bien-être des élèves, les devoirs sont définis dans la politique comme étant : « les activités interactives auxquelles ils se livrent et dont ils discutent à la maison et au sein de leur communauté dans le but d’établir des liens entre le travail qu’ils font à l’école et les expériences de la vie réelle. »

Si la pratique d’intégrer les parents dans l’éducation formelle de leurs enfants n’est pas nouvelle, le document souligne que cette pratique a maintenant un soutien politique parce que « de nombreuses études scientifiques démontrent que l’apprentissage et les résultats des élèves s’améliorent quand les parents jouent un rôle actif dans l’éducation de leurs enfants et que les bonnes écoles s’améliorent davantage lorsque les parents s’impliquent. »

Recevoir le prix est certes un moyen, d’après M. Baril, « de rendre à César ce qui est à César, de reconnaitre les parents pour leur travail bénévole. Ce sont des réunions le soir, des réunions à l’heure du diner. Ce sont beaucoup d’heures que le conseil d’école a investies. C’est de reconnaitre publiquement et de dire merci de vous impliquer et d’avoir à cœur l’éducation de vos enfants. »

À son avis, le prix ne va rien changer au degré d’implication des parents du conseil scolaire de l’école Pavillon Notre-Dame. « Ce n’est pas parce qu’on l’a gagné cette année qu’on va vouloir le ravoir l’année prochaine. On ne va même pas appliquer. On laisse la place aux autres. » Selon M. Baril, les membres du conseil continueront d’accueillir les autres parents lors des soirées des parents et d’organiser la vente de pâtisserie lors des journées portes ouvertes.