Natif de Jogues, Jean-Guy Brunet y a vécu toute sa vie. Comme bien d’autres, il a débuté dans l’industrie forestière où il pensait faire carrière tranquillement. Sauf que les choses ne se sont pas passées comme prévu, car la compagnie qui l’employait a fermé ses portes en 1983. Ayant suivi des cours de sauvetage dans le cadre de son travail et adorant tout ce qui se fait dans l’eau, il s’est reconverti en instructeur de premiers soins, après quelques formations additionnelles. Il nous a parlé de sa passion.

LN : Où avez-vous commencé à exercer cette nouvelle profession ? JGB : J’ai commencé à travailler pour la Ville de Hearst en 1984 et j’ai fait ça pendant 30 ans. J’ai formé des moniteurs de plusieurs villages de la région pour toutes sortes de sports aquatiques. Je suis tombé dans le bon domaine et j’ai fait quelque chose que j’ai aimé toute ma vie. Parce que les premiers soins font partie des habiletés du sauveteur, comme le RCR, la réanimation cardiorespiratoire pour laquelle je me suis qualifié aussi. J’ai été instructeur pour la Société de Sauvetage du Canada, ensuite pour la CroixRouge à partir de 1994. Depuis que je suis à la retraite, je donne des cours seulement une ou deux fois par mois au Collège Boréal.

LN : Comment se déroulent vos formations ? JGB : J’enseigne les premiers soins et le RCR. Il y a des cours spécialement pour les enfants et des cours pour les adultes. Beaucoup de jeunes, des adolescents, les suivent aussi pour trouver plus facilement des emplois d’été. Normalement, la formation dure deux jours, mais pour le secourisme de base, ça prend une journée. Périodiquement, il y a des révisions dans le programme du cours, donc on ajoute ou enlève certaines choses. Par exemple, la défibrillation a été insérée au cours de premiers soins avec l’augmentation des crises cardiaques dans la population. On a beaucoup de défibrillateurs ici, surtout dans les lieux publics gouvernementaux. C’est vraiment utile pour un cas de problème cardiaque et s’il n’y en a pas sur place, on peut facilement en trouver un rapidement dans les environs. À un moment, le shaking baby syndrome était monté en flèche; cela fut ajouté au programme et ça a existé pendant un peu plus de dix ans. Comme c’est grandement diminué, maintenant ils l’ont ôté. Ça fait pas très longtemps, ils ont ajouté les problèmes de suicide et de santé mentale qui ont beaucoup augmenté. Comme ça, on reste à jour et efficace.

LN : J’ai entendu dire que vous racontez plein d’anecdotes aussi à vos cours ? JGB : Ça arrive. J’ai parlé, par exemple de quand je me suis coupé le pouce en sciant du bois de chauffage, chez nous. Il semble intact, mais je n’ai plus de sensation là. J’avais pris une photo que j’utilise dans mon cours. Une fois en classe, on a eu une personne qui semblait faire une crise cardiaque et on a dû appeler l’ambulance. Heureusement, c’était autre chose qui présentait les mêmes symptômes. Il y a beaucoup de gens qui suivent le cours en pensant que c’est juste pour aider les autres, mais plusieurs, en connaissant les signes, ont prévenu des problèmes majeurs pour eux-mêmes, en montant tout de suite à l’hôpital, par exemple.

LN : Quel est votre plus beau souvenir de ces formations données ? JGB : C’est quand plusieurs personnes après une formation te disent comment elles ont sauvé du monde. Là, je ne suis plus le seul instructeur dans la région, ma fille a étudié et fait ça aussi. J’envisage la retraite pour 2021, mais je l’ai fait parce que j’aimais ça.