JOURNAL DU 28 JANVIER 2021 - Je suis originaire de Matanzas, à Cuba, et je suis venue au Canada par amour. J’ai connu mon mari par le biais d’un de ses amis qui avait épousé l’une de mes amies. Le conjoint de ma copine est aussi devenu un ami et c’est lui qui a parlé de moi à mon époux. J’ai d’abord entretenu une correspondance avec lui puisqu’il n’avait encore jamais voyagé à Cuba. Lorsqu’il est venu en visite en 1998, notre relation s’est établie puis de là, je suis moimême rentrée ici et l’on s’est marié en 2000.

J’ai tout de suite aimé le Canada, mais je n’étais pas certaine que j’allais pouvoir vivre loin de ma famille, surtout que ma fille était restée là-bas. À Cuba, nous sommes très attachés à nos familles. De plus, ici tout était différent, que ce soit le climat, la langue, tout. J’ai commencé à faire le va-et-vient d’un pays à l’autre et mon mari envisageait même de se trouver un emploi au pays. Ce ne fut pas très facile de m’adapter, mais avec le temps, je suis tombée en amour avec le Canada. Finalement, je lui ai dit que non, maintenant ici me plait davantage et c’est là que nous allons vivre et fonder notre famille. On pourra toujours aller en visite et ma mère est venue à plusieurs reprises avant la pandémie. C’est ainsi que nous avons eu notre fils ici en 2002. Ma fille d’un premier mariage a vécu aussi un temps avec nous, avant d’aller s’installer aux États-Unis.

J’aime ce pays de tout mon cœur et ça fait un bon moment que je n’ai pas été à Cuba. C’est vrai, tout est différent ici, mais les gens finalement sont partout les mêmes. J’ai rencontré de belles personnes et maintenant je ne vois pratiquement pas de différences entre elles et les Cubains. Je partage des plats avec mes amis et au final, on aime manger de tout. J’ai de très bons rapports avec ma bellefamille qui m’a acceptée. Cependant, difficile fut l’apprentissage d’une nouvelle langue, car je voulais travailler. J’avais déjà appris un peu d’anglais, mais rien en français. J’ai fait du bénévolat aussi et je me suis sérieusement mise à l’étude de cette langue par moi-même, surtout en conversant aussi avec des gens et en regardant la télé. Je suis une personne très communicative et j’étais enseignante dans mon pays. Maintenant, en travaillant à la pharmacie j’utilise les trois, puisque quelques personnes appellent et s’expriment en espagnol.

Le seul problème que j’ai vraiment connu ici c’est l’éloignement de ma famille. Les rencontres qu’on organisait me manquent beaucoup, car on était très lié entre nous, et les amis de là-bas me manquent aussi. Ça reste difficile à vivre pour moi. Je savais que j’aurais à apprendre une nouvelle langue, mais comme j’aime étudier, ça n’a pas été un défi majeur. Des fois, certaines personnes s’impatientaient à cause de mon accent, mais de façon générale, les gens étaient aimables. J’aime beaucoup le Canada ; l’hiver et la neige m’enchantent, contrairement à la plupart des immigrants. Cela a beaucoup aidé à mon adaptation et il en a été de même pour ma fille venue à 15 ans. Je ne peux pas me plaindre, car vraiment tout me plait, et maintenant j’ai une famille ici aussi. Celle de mon mari est devenue la mienne et j’ai pas mal d’amis. Sans aucune hésitation, je conseillerais à n’importe quel Cubain intéressé de venir s’installer ici. Je crois que le Canada leur plairait aussi, d’autant plus que la situation socioéconomique au pays est très difficile. Sans parler du manque de liberté d’expression et de penser. On a beau travailler, pas moyen de s’offrir de vacances alors que la vie y est très stressante. Il y a de belles personnes des deux côtés, mais les systèmes politiques sont différents. Je préfère de beaucoup vivre ici, au Canada, et on ne peut même pas comparer. C’est sûr que j’aime et j’aimerai toujours mon pays, mais le Canada a gagné mon cœur aussi